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J’en ai acédie.

Published in: on novembre 8, 2011 at 9:08  Laisser un commentaire  

8

Dis-moi quel effet ça fait de vivre à l’étage de l’infini?

Published in: on octobre 20, 2011 at 8:15  Laisser un commentaire  

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“C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière” Edmond Rostand
Published in: on octobre 13, 2011 at 4:06  Laisser un commentaire  

Les questions de philosophie

Un grand merci à Cédric pour nos échanges si enrichissants :)

Published in: Non classé on octobre 12, 2011 at 9:26  Laisser un commentaire  

Malgré les postulats

Les idées arrêtées sont des idées qui ne sont pas en marche.

Published in: on septembre 28, 2011 at 10:00  Laisser un commentaire  

1, maman a tort, 2, c’est beau l’Amour

 ~

 

~ Si tu veux connaître mon âge, regarde au fond de mon verre… ~

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Published in: on août 16, 2011 at 9:41  Laisser un commentaire  

24000 Baci

Une chanson très significative. C’est comme ça.

Je pense faire escale en Italie après le Japon.

<3

Amami, ti voglio bene !
Con 24000 baci oggi saprai perché l'amore
vuole ogni istante mille baci,
 mille carezze vuole all'ora.
con 24000 baci felici corrono le ore,
d'un giorno splendido,
perché ogni secondo bacio te.
Niente bugie meravigliose, frasi d'amore appassionate,
 ma solo baci chiedo a te
ye ye ye ye ye ye ye ye ! 

Con 24000 baci così frenetico e' l'amore in questo giorno di follia ogni minuto e' tutto mio.
Niente bugie meravigliose, frasi d'amore appassionate,
 ma solo baci chiedo a te
ye ye ye ye ye ye ye ye ! 

Con 24000 baci felici corrono le ore d'un giorno splendido perché
 con 24000 baci tu m' hai portato alla follia.
Con 24000 baci ogni secondo bacio te !
Published in: on août 12, 2011 at 10:32  Laisser un commentaire  

“Put your wings and fly”

Il y a des tas d’histoires qui composent une vie

Qui l’anamorphosent, qui la dénaturent.

Il y a des expériences qui nous poussent aux portes de nous-mêmes

Mais elles demeurent enrichissantes.

Il faut chasser toute possibilité de REGRETS.

A ce jour, je n’ai aucun regret.

J’ai appris et j’apprends encore.

Et les pages de cet immense livre de ma vie

Se remplissent à une vitesse folle.

Les tomes s’enchainent sur les étagères poussièreuses.

Je suis fière de tout le chemin parcouru.

Bien à vous.

 

Published in: on août 12, 2011 at 7:47  Laisser un commentaire  

Introduction à mon mémoire “Morales de Perrault” (partie 2)

Nous l’avons vu, cet engouement pour la morale pénètre les salons mondains de la fin du XVIIe siècle, or, ce sont ces mêmes salons mondains qui « forment » la vogue, qui la valident ou l’invalident. Dans ces salons, les auteurs lisent leurs textes où ils sont plébiscités ou rejetés, se développent aussi des jeux de salons, des jeux d’écriture en commun où chacun apporte sa pierre à l’édifice. C’est ainsi qu’auraient été partiellement rédigées les Maximes de La Rochefoucauld: après lecture auprès d’un auditoire attentif, ses maximes étaient discutées, améliorées, rejetées. Les salons mondains aiment à se divertir sans pour autant s’écarter des sujets importants de la littérature du siècle, c’est sans doute comment le succès des Fables de La Fontaine s’explique: une alliance parfaite du placere-docere par un savant mélange de vers plaisants (« qui plait, qui fait rire » Furetière) et de visée didactique. Le placere-docere étant, selon beaucoup, l’essence même de la littérature, elle permet d’enseigner plaisamment soit par le rire, soit par des mises en situations agréables voire enfantines. Ainsi, mondains et lettrés goûtent au plaisir de la fable, de la maxime ou encore du portrait, et rient tout en prenant conscience de la vérité qui émane de ces textes. Charles Perrault appartient à ces salons mondains où il côtoie précieuses et lettrés. Et c’est dans ces salons mondains, nourris par le goût du merveilleux développé en France depuis le début du siècle et la mouvance baroque, que vont naître les contes de fées. Ces contes de fées, véritable vogue et en même temps genre longtemps boudé, mettent en scène des personnages stéréotypés dans un univers merveilleux qui n’est pas celui des auteurs et des lecteurs. Ce goût pour le merveilleux est une réalité sociale qui s’est développé tout au long du XVIIe siècle et donne naissance à la mode des contes de fées en fin de siècle (Mary-Elizabeth Storer la date à partir de 1685): « Le roi Louis XIV et les grands seigneurs et les grandes dames de la cour ne faisaient qu’exprimer leur goût pour le merveilleux, lorsqu’ils s’habillaient en faunes, en satyres, en nymphes, en dieux, pour des fêtes où l’art de la féérie étalait toute sa splendeur »[1]. Il n’est alors pas étonnant que le célèbre Charles Perrault se mette à rédiger des contes de fées: on se racontait des contes de fées dans les salons avant que d’en écrire et cette vogue n’était pas du tout incompatible avec le but moral de la littérature du siècle, bien au contraire, grâce aux moralités (« instruction qui sert à la Morale, qu’on tire de quelques discours » Furetière), le conte devient alors un véritable outil de placere-docere et en exacerbe les deux données: ils sont sans conteste plaisants et à la fois officiellement didactiques. Charles Perrault, au-delà du souci de plaire et de son succès dans la société de son époque et au-delà encore de la Querelle des Anciens et des Modernes qu’il mène avec Boileau, est cet homme du placere-docere, il incarne ce mondain qui se plait dans les salons précieux mais qui en même temps ne transige pas sur les questions de morale, de religion ou de devoir. Bien qu’il fût l’auteur d’écrits burlesques et amoraux en début de carrière -Les Murs de Troie en 1653 notamment- ses centres d’intérêt évoluent et il prend parti, du moins à première vue, pour la morale dans d’autres de ses écrits. En effet, il est l’auteur en 1683 de l’Épître chrétienne sur la pénitence, en1685 de l’Ode aux nouveaux convertis, en 1686 de Saint-Paulin, évêque de Nole ou encore en 1697 Adam ou la création de l’homme. Ainsi, on constate que ses écrits prennent un nouveau tournant. Les sujets religieux ne lui sont pas inconnus et il n’est donc pas étonnant de le voir s’intéresser d’aussi près à la morale. Concernant l’essence de la morale au siècle de Perrault, Paul Bénichou exprime une idée très intéressante:

 

« Le XVIIe siècle a connu plusieurs morales différentes, diversement opposées ou alliées l’une à l’autre suivant les cas. Qui veut simplifier doit au moins distinguer trois centres d’intérêt: une morale héroïque, qui ouvre un passage de la nature à la grandeur, et en définit les conditions; une morale chrétienne rigoureuse qui donne au néant la nature humaine toute entière; enfin une morale mondaine, à la fois sans illusion et sans angoisse, qui nous refuse la grandeur sans nous ôter la confiance.[2]

 

Et c’est là qu’on retrouve tout à fait l’essence de la morale dans l’œuvre de Perrault et plus particulièrement dans ses contes: La morale des héros est le plus souvent héroïque c’est-à-dire cornélienne – sous la plume de Bénichou – et les amène à la grandeur, c’est Peau d’âne qui fuit et se condamne à la misère pour éviter l’inceste, mais elle finira par se relever en épousant le Prince. La morale chrétienne est aussi présente de façon sous-jacente dans les morales de Perrault et on y trouve de nombreuses allusions ne serait-ce que dans le nom, par exemple, de Cendrillon -nom issu des cendres, symbole de la pénitence et de l’humiliation dans l’imaginaire chrétien. Ensuite, la morale mondaine y est elle aussi omniprésente avec des sujets que l’on retrouve dans les salons mondains comme le thème de l’amour courtois, ou la fidélité et c’est cette morale qui fait que les lecteurs mondains de Perrault se reconnaissent en ces textes. Charles Perrault réunit ces trois aspects de la morale : morale des héros cornéliens, morale chrétienne – c’est d’ailleurs pourquoi il entre dans la querelle du merveilleux chrétien et du merveilleux païen-  et morale mondaine, qu’il connait et pratique dans ses contes où il ne laisse aucune place à l’illusion sur l’homme puisque celui-ci y est peint dans toute sa noirceur et ses travers, nous aurons l’occasion d’y revenir. C’est pourquoi il serait intéressant de se pencher sur la question morale dans les contes de Perrault. Le projet est alors de montrer que Charles Perrault, parvient avec son œuvre –et principalement ses contes en vers et ses contes en prose-  à allier le plaisir à l’enseignement. Les contes de fées en général, et plus particulièrement ceux de Charles Perrault, entrent parfaitement dans cette logique fort à la mode du XVIIe siècle de placere-docere . Si ces contes paraissent de prime abord s’adresser à l’enfant, les dédicaces et les moralités nous dévoilent un double destinataire qui comprend aussi et principalement l’adulte. En effet, les références aux mœurs de la Cour de Versailles et les justifications[3] qu’apporte Perrault concernant ses écrits nous disent combien l’auteur avait un message sur la société à faire passer à ses contemporains. Ainsi, en galant conteur, il sait se faire apprécier de la société de son époque en s’engouffrant dans la brèche de « la mode des contes de fées » tout en diffusant des morales sur les réalités de sa société –sur la patience et la fidélité des femmes, notamment avec « Grisélidis », sur la vertu et le devoir, avec par exemple « Peau d’âne » sur les difficultés financières qui poussent des parents à commettre l’irréparable, avec par exemple « Le Petit Poucet ».Entre critiques et tableaux de la Cour de Louis XIV, Charles Perrault ne serait-il pas par-là à sa manière, en un sens, un peu « moraliste » ?

En effet, si l’on suit les définitions fournies par le Furetière, un « moraliste » est un « Auteur qui écrit, qui traite de la Morale ». Certes, les auteurs « moralistes » du XVIIe siècle ne s’appelaient pas comme tel, il faudra attendre Chamfort au XVIIIe siècle pour que le terme « moraliste » s’installe pour qualifier Montaigne, La Rochefoucauld et La Bruyère. Mais selon la définition contemporaine du Furetière, Charles Perrault est bel et bien un « Auteur qui écrit, qui traite de la Morale » donc par là, moraliste. De plus, la morale selon Furetière est « la doctrine des mœurs, science qui enseigne à conduire la vie, les actions ». On retrouve encore l’un des aspects de la démarche de Perrault : à la fin de ses contes, lui aussi nous délivre une moralité – « instruction qui sert à la morale » toujours selon Furetière  qui elle aussi enseigne à conduire la vie, les actions :

 

 

« MORALITÉ

On voit ici que de jeunes enfants,

Surtout de jeunes filles

Belles, bien faites, et gentilles,
Font très mal d’écouter toute sorte de gens,
Et que ce n’est pas chose étrange,
S’il en est tant que le loup mange. »
[4]

 

Ainsi, la problématique s’articulera autour des morales de Perrault : comment s’articule chez Charles Perrault le rapport à la morale dans ses contes ainsi que sa démarche ? Quel est le but de l’auteur à travers ces morales, quelles sont les fonctions et postérités des morales ?

Afin d’étudier cette question, notre corpus d’étude sera très simple : il s’agit des contes en vers ainsi que des contes en prose de Charles Perrault. Les contes en vers contiennent les contes suivants : « Grisélidis. Nouvelle. » (1691), « Peau d’âne » (1694), « Les souhaits ridicules. Conte. » (1693). Les contes en prose, aussi intitulés Histoires ou contes du temps passé, avec des moralités (1697) contiennent les contes suivants : « La Belle au bois dormant. Conte. », « Le Petit Chaperon Rouge. Conte. », « La Barbe bleue. », « Le Maître chat, ou le chat botté. Conte. », « Les Fées. Conte. », « Cendrillon ou la petite pantoufle de verre. Conte. », « Riquet à la houppe. Conte. », « Le Petit Poucet. Conte. ». Des références à d’autres textes de Perrault pourront être faites dans la mesure où ils sont représentatifs d’un attrait pour la morale chez l’auteur, mais c’est surtout sur les contes qu’il sera intéressant de travailler au sujet des morales, de leurs fonctions et de leurs pérennités.

 

L’étude des morales de Perrault comportera un premier chapitre chargé de mettre en contexte l’auteur avec son temps et l’attrait pour la morale, notamment par le placere-docere, la morale religieuse et l’articulation du goût de la mode mondaine chez l’auteur avec le goût des contes de fées avec moralités. Un deuxième chapitre portera sur la question transversale qui est de savoir dans quelle mesure Charles Perrault est, à sa manière, moraliste, en étudiant les références multiples dans ses contes à des faits divers historiques et réels, en analysant sa posture « d’observateur des mœurs » et en se penchant sur le conte en lui-même, la forme moraliste oubliée. Puis, un chapitre sera consacré à la subversion des morales dans les contes de Charles Perrault. En effet, nous verrons que ces contes traitent aussi « du sang et du sexe »[5] et développent dans une certaine mesure une morale de « l’anti-morale ». Cependant, dans certains contes, la morale est si prédicative qu’on pourrait se demander si sous certains aspects, Charles Perrault n’est pas plus moralisateur que moraliste. Un dernier chapitre traitera des fonctions et des pérennités des morales de l’auteur, pour étudier l’écho des morales de Perrault jusqu’à l’heure actuelle. Nous y comparerons les réécritures des contes de fées pour étudier l’évolution des morales entre constantes et variantes, pourquoi en avoir maintenu certaines et changé d’autres? Enfin, nous analyserons la postérité des morales de Perrault entre rejet pour des raisons morales et pérennité littéraire, nous verrons quelle est la place accordée à la question morale dans les contes de Charles Perrault.

 

 

 

 

 


[1]         storer Mary Elizabeth, La mode des contes de fées (1685-1700), [1928], Genève, Slatkine Reprints, 1972. (p.12)

 

[2]                 Benichou Paul, Morales du Grand Siècle, Gallimard, 1948, « Folio-Essais », 1988 (p.12)

 

[3]               « Ils ont bien été aises de remarquer que ces bagatelles n’étaient pas de pures bagatelles, qu’elles renfermaient une morale utile, et que le récit enjoué dont elles étaient enveloppées, n’avait été choisi que pour les faire entrer plus agréablement dans l’esprit et d’une manière qui instruisît et divertît tout ensemble. », Charles Perrault, Préface des contes en vers.

 

[4]                 Début de la moralité du « Petit Chaperon rouge »

 

[5]         Mothe Jean-Pierre, du sang et du sexe dans les contes de Perrault, collection l’œuvre et la psyché, Paris, l’Harmattan, 1999

 

Published in: on août 3, 2011 at 1:55  Laisser un commentaire  

Introduction à mon mémoire “Morales de Perrault” (partie 1)

Introduction

La morale est un sujet épineux sur lequel se sont penchés la plupart des domaines intellectuels et spirituels, que ce soit la religion, la littérature ou la philosophie. Dans la continuité de Montaigne au siècle précédent, le XVIIe siècle s’intéresse toujours au sujet de la morale et tous les domaines sont touchés : du milieu religieux, avec la question éthique de la morale augustinienne, à celui de la philosophie avec Pascal ou Nicole, pour enfin donner naissance au courant moraliste en littérature. Le XVIIe siècle entend par « morale » : « La doctrine des mœurs, science qui enseigne à conduire la vie, les actions » selon le dictionnaire de Furetière (la définition délaisse par ailleurs la question théologique). On remarquera alors que la morale à l’époque n’a pas le sens qu’on lui donne aujourd’hui. A l’heure actuelle, la morale est définie par le Petit Robert de la sorte : « 1. Science du bien et du mal ; théorie de l’action humaine en tant qu’elle est soumise au devoir et a pour but le bien –> éthique.   2. Ensemble de règles de conduite considérées comme bonnes –> bien, valeur. » Ainsi, pour étudier la morale au siècle qui nous intéresse, il va falloir se libérer de cette définition actuelle profondément manichéenne qui considère la morale comme l’instance qui sépare le bien du mal pour se pencher sur la morale comme étude des mœurs, qui enseigne à conduire la vie. Jean Lafond définit la démarche moraliste du XVIIe siècle en mettant en exergue sa spécificité qui « est de ne s’attacher ni à l’éthique, qui relève de la philosophie proprement dite, ni à la forme prescriptive de la morale, qui ferait de lui un moralisateur »[1] en effet, « le moraliste classique est l’homme d’une morale qui est d’abord et essentiellement descriptive », poursuit-il. Cet intérêt accru –puisqu’il se généralise- pour la morale au XVIIe siècle pourrait être lié d’une part, dans le domaine de la théologie aux querelles concernant les jésuites et les jansénistes, autour de la question de la grâce et de la vie morale des croyants ainsi qu’autour de la question de l’amour propre, comme le met en lumière le travail de Charles-Olivier Stiker-Metral:

 

« Il convient de circonscrire précisément les enjeux éthiques de la morale augustinienne, ainsi que les formes spécifiques qu’adopte cette réflexion, afin de situer précisément les autres modes de pensées par rapport à elle. L’augustinisme se dégage alors comme une figure centrale des morales du Grand Siècle, toute théorie de l’amour de soi s’y référant, que ce soit pour en valider certaines thèses ou pour disqualifier son anthropologie »[2]

 

Si Olivier Stiker-Metral parle surtout d’anthropologie, cela n’est pas incompatible avec la démarche profondément anthropologique de la morale, qui se présente comme une étude en profondeur de l’homme et de ce qui l’agit.  Ainsi, autour de l’augustinisme et du terme de l’amour propre, va se développer dans le domaine de la théologie toute une réflexion visant à utiliser le discours moral comme « exercice herméneutique » amenant à la connaissance de soi. La religion est d’ailleurs ce qui enseigne à l’homme « à conduire [s]a vie, [s]es actions ». L’intérêt renouvelé pour la morale au XVIIe siècle dans le domaine de la philosophie est intrinsèquement lié à la littérature. En effet, le XVIe siècle en France connait une révolution importante avec l’humanisme et la redécouverte des Anciens -cette redécouverte des Anciens sera capitale pour l’idéal classique du siècle suivant. L’Humanisme place l’homme au centre des préoccupations philosophiques et théologiques, la littérature s’occupe aussi de l’homme au plus près: nous le voyons, comme nous l’avons dit, avec les Essais de Montaigne ou le Gargantua de Rabelais. Ainsi, la philosophie du XVIIe va elle aussi s’intéresser à ce qui fait de l’homme un homme moral, quelle morale, quels échecs à la morale? Les Pensées de Pascal ou encore les traités de morale de Pierre Nicole prouvent que la question morale est aussi au centre de la réflexion philosophique du siècle, accentuée par les fortes mouvances religieuses qui s’affrontent. Sous l’égide des moralistes, la littérature se teinte de reflets philosophiques : en effet, à la lecture des Maximes de La Rochefoucauld, nous rencontrons des sentences qui ont bien souvent une portée d’avantage philosophique que littéraire : une partie de son travail ne s’appelle-t-il pas « réflexions morales »? Cet intérêt pour la morale infiltre même les salons mondains, aussi grâce à la popularité rencontrée par les moralistes, comme l’indique Bérangère Parmentier dans son ouvrage Le siècle des moralistes:

 

«  En Italie, puis en France, on voit paraître un très grand nombre d’ouvrages qui prennent pour objet les règles de la vie sociale ; ils sont consacrés à ce que les Français appellent « l’art de converser », c’est-à-dire l’art de « vivre, parler familièrement avec quelqu’un » (Furetière) : la notion de « conversation » unit le comportement social et le discours. Ces « morales » nouvelles, qui se substituent ou se combinent aux morales antiques et aux morales chrétiennes, sont mondaines en un double sens ; elles se concentrent sur « le monde », sur l’espace humain et terrestre où il s’agit de vivre ; mais elles sont encore « mondaines » parce qu’elles s’intéressent à la « mondanité » civile et élégante. »[3]

 

Dans les salons mondains où on s’intéresse à la vie culturelle et sociale du pays, on remarque au XVIIe l’instabilité des valeurs morales et face à cela, les auteurs se trouvent confrontés à « la difficulté de poser des valeurs, de construire et d’assumer un discours moral »[4]. C’est ainsi que peu à peu s’esquisse le mouvement « moraliste » et comme le cite Louis Van Delft dans son ouvrage, Les moralistes, une apologie:

 

« La littérature est ombilicalement reliée à la vie, consubstantielle à l’existence. Jamais cette vérité n’éclate et n’importe davantage que dans l’étude des moralistes, qui sont -congénitalement- des observateurs, des scrutateurs de l’être humain in situ, c’est-à-dire aux prises avec l’existence, avec les ambigua vitae, comme dit Sénèque, les incertitudes, les embarras, les perplexités de la vie»[5].

 

Et c’est tout à fait de cela que traite l’humanisme selon Montaigne, sans doute l’un des premiers moralistes: scruter l’humain pour mettre à nu ses vérités, ses contradictions, ses vices et ses vertus. C’est grâce à l’héritage légué par Montaigne et à ses réflexions que la question de l’homme fut si capitale XVIIe siècle et c’est parce que la littérature traite de la vie, que la littérature du XVIIe traite des mœurs.


[1]    lafond Jean, Moralistes du XVIIème siècle, De Pibrac à Dufresny, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 1992, préface, p. I

[2]        Sticker-métral Charles-Olivier, Narcisse contrarié, L’amour propre dans le discours moral en France (1650-1715), Honoré Champion, Paris, « Lumière classique », Collection dirigée par Philippe Sellier (p.19)

 

[3]    Parmentier Bérangère, Le siècle des moralistes, Paris, Éditions du Seuil, collection « Points Essais », série « Lettres » dirigée par Jacques Dubois, 2000. (p.10)

 

[4]        Idem, p.150

 

[5]van delft Louis, Les moralistes, une apologie, Gallimard, folio essais, 2008. (p.31)

 

Published in: on août 3, 2011 at 1:52  Laisser un commentaire  
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